LA SAGA DES CELLULES CAR-T

Rédigé le 14/05/2024


Cette thérapie cellulaire consiste à prélever du sang chez le malade du cancer, à traiter en laboratoire les lymphocytes T (comme tueur) pour qu’ils reconnaissent les cellules cancéreuses puis de les réinjecter chez le malade. « Cette thérapie est en train de bouleverser la prise en charge de nombreux cancers du sang » nous dit Catherine Thieblemont cheffe du service d’hémato-oncologie de l’hôpital Saint Louis.

Malheureusement le coût de ce type de traitement fixé par les industriels est cher, plus de 300.000€ en Europe.

Michel Sadelain, immunologiste franco-canadien, est le créateur de cette thérapie.

Les lymphocytes T reconnaissent et neutralisent les virus et bactéries qui infectent nos cellules mais ils ont du mal à reconnaitre les cellules cancéreuses qui les trompent.  La création des cellules CAR (Chimeric Antigen Recepteur – récepteur chimérique de l’antigène) permet à un récepteur artificiel de se lier à un antigène, une protéine portée par les cellules tumorales qui seront détruites. Une seule administration est suffisante car ces médicaments vivants se multiplient dans le corps du patient jusqu’à extinction complète de la tumeur.

Avant l’introduction des cellules CAR-T, une chimiothérapie est effectuée pour détruire les cellules immunitaires et « faire de la place » aux cellules CAR-T. Le traitement n’est pas inoffensif et peut conduire à une fièvre intense et des troubles neurologiques. Ces effets secondaires sont de mieux en mieux maitrisés aujourd’hui.

A ce jour six CAR-T sont autorisés aux Etats-Unis et en Europe dans les cancers du sang.

La production de ces cellules CAR-T a démarré en France à l’établissement français du sang (EFS) à Besançon ainsi qu’à l’hôpital Saint Louis à Paris (centre MEARY).